Les politiques à la table des restaurateurs

La première assemblée générale de la Belgian Restaurants Association, ce lundi 27 janvier, a permis de mettre autour d'une même table les représentants de huit partis politiques et le conseil d'administration de la Belgian Restaurants Association.

Les restaurants arrêtent enfin de “se plaindre”

Tel pouvait être le constat de plusieurs représentants du monde politique venus participer, ce lundi, à une première table ronde organisée par la jeune B.R.A (Belgian Restaurant Association) sous la présidence de Yves Mattagne.

Parmi eux, les 8 partis de la majorité élargie représentés par des parlementaires, deux Ministres et un Secrétaire d'Etat, venus rencontrer les représentants des désormais 200 restaurateurs membres de la BRA.

Bruxelles, le 28 janvier. C’est dans le cadre intimiste des Ateliers Yves Mattagne que la B.R.A avait convié les partis de la majorité à venir débattre de l’avenir des restaurants, un métier en péril si l’on en croit la majorité des médias et des fédérations. Pourtant, la B.R.A se voulait constructive. De l’aveu même de John Crombez, secrétaire d’Etat à la lutte contre la fraude sociale et fiscale, les propos étaient, pour une fois, positifs et, surtout, pour la première fois en deux ans de discussion avec les fédérations professionnelles, il a entendu que le secteur ne refusait pas en bloc l’idée d’une caisse noire (entre-temps rebaptisée caisse blanche).

Mieux, la majorité des partis présents (Madame Céline Frémault pour le CDH, Monsieur Christos Doulkeridis pour Ecolo, Monsieur Vincent Dewolf pour le MR, Monsieur Philippe Close pour le PS, côté francophone ; Monsieur John Crombez pour le SPa, Madame Nele Lijsen pour l'Open VLD, Monsieur Johan Sauwens pour le CD&V en Monsieur Björn Rzoska pour Groen, côté néerlandophone) se sont accordés à dire que non seulement la B.R.A présentait un discours transparent et avec des informations pertinentes (un mémorandum a été remis à chaque parti) mais aussi et surtout, avec des pistes tant concrètes que constructives. Parmi celles-ci, plutôt que de revendiquer une utopique disparition du projet de caisse noire-blanche, les interlocuteurs évoquaient une piste de réforme du système des cotisations sociales par l'adoption d'un forfait, une déductibilité accrue en termes de frais de restaurants, une facilitation de l’embauche et, surtout, du maintien à des conditions viables du taux de l’emploi pour chaque restaurateur et parmi d‘autres éventualités, une linéarisation du taux de TVA afin de fluidifier la gestion et les flux de trésorerie au quotidien.

Au sortir de l’entretien de plus de 2 heures, chaque parti s’est engagé solennellement à répondre par écrit, de manière rapide et constructive dans les prochains jours. Une nouvelle  qui a réjoui la centaine de restaurateurs membres de la B.R.A réunis l’après-midi en Assemblée Générale autour d’interventions de hauts vol, dont celle très suivie de la représentante du cabinet Crombez, venue expliquer les tenants et aboutissants du projet de caisse enregistreuse avec module fiscal pour les restaurants.

Qu’ils soient du Nord, de Bruxelles ou du Sud (et même de l’Est) tous les types de restaurants étaient représentés et attentifs aux propos tenus lors de cette première journée de travail. Nul doute que les prochaines réunions devraient voir un taux de participation encore accru tant les enseignements de cette première journée furent nombreux et satisfaisants aux dires des uns et des autres. "N’en déplaise aux détracteurs, les restaurateurs savent, aussi, se prendre en main et avancer des pistes concrètes plutôt que de se plaindre dans leur coin", martèle Frank De Meulder, vice-président de la B.R.A.

Madame Céline Frémault, ministre bruxelloise de l'économie, concluait pour sa part cette table ronde en affichant sa volonté de poursuivre ce dialogue avec les fédérations et les gouvernements fédéraux et régionaux pour arriver à définir les grandes lignes de ce qui sera un indispensable Plan Horeca 2.  La Belgian Restaurants Association sera au rendez-vous.